Fragmento de Poder
Juan Miguel Cubas

Un combat de coqs fut le pari de Juan Miguel Cubas pour le Symposium de sculpture qui s’est tenu à Puerto del Rosario en 2018, dixième édition de l’événement. Mais les coqs de Cubas ne se battent pas dans une arène de combats de coqs, mais à la vue de tous les passants qui se promènent sur l’Avenida Marítima de la capitale. Là, sans autre obstacle que les nuages qui peuvent passer, les magnifiques animaux se découpent sur le ciel tout en s’engageant dans un combat qui ne finira jamais.
Chaque plume, chaque bec et chaque ergot montrent un niveau de détail qui coupe le souffle au spectateur, subjugué par ce moment où le spécimen en acier inoxydable étincelant prend le contrôle de la situation et déploie ses ailes pour se jeter sur son rival, réalisé en acier corten traité avec un produit qui lui donne un aspect oxydé ; comme si, par les matériaux, le sculpteur avait voulu renforcer cette sensation de victoire et de défaite.
Pourtant, plus que de représenter seulement une tradition qui, en certains endroits du monde, remonte à des milliers d’années, le sculpteur cherchait à matérialiser ce moment de contrôle et de domination, ce « Fragmento de Poder », comme il baptise lui-même sa sculpture, qui se produit dans tout conflit ; cet instant qui, à l’approche du dénouement, s’éternise tandis que l’un se sait déjà vainqueur... et que l’autre s’avoue vaincu.
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