N-àNimi
Leopoldo Emperador

Leopoldo Emperador, originaire de Grande Canarie, nous transporte sur le continent voisin avec cette œuvre d’inspiration africaine, aussi exotique que le nom dont il l’a baptisée : Na-àNIMI. Durant le Xe Symposium de Puerto del Rosario, le sculpteur a soudé pièce après pièce, comme s’il s’agissait d’un grand puzzle en acier corten, pour laisser aux habitants de Fuerteventura cette œuvre énigmatique et suggestive, qui fait partie d’une collection du même nom dont le dénominateur commun sont les masques africains, portés par l’artiste canarien vers une nouvelle forme d’expression abstraite. Déjà au siècle dernier, ces pièces ont inspiré d’autres artistes comme Picasso ou Gauguin et, aujourd’hui encore, elles continuent de se réinventer dans l’imaginaire d’auteurs modernes qui, comme Emperador, cherchent dans la terre mère une muse qui guide leur devenir créatif.
Il est très facile d’observer cette œuvre, ou n’importe quelle autre qui reflète des aspects de l’art africain, et de n’y voir qu’un certain ajout exotique. Mais la réalité est que les masques africains, si primaires, rudes et élémentaires, ont toujours été considérés comme des objets de pouvoir qui conféraient à celui qui les portait des aptitudes surhumaines et parfois quasi divines. Et c’est peut-être précisément leur caractère surnaturel qui a inspiré l’auteur de cette œuvre, qui, au lieu de décrire de façon figurative ce qu’elle représente, cherche à transmettre par ses formes abstraites le magnétisme mystique qu’ils irradient.
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