Ermitage de San Agustín
L’ermitage de San Agustín est situé dans le pago de Tefía, dans la municipalité de Puerto del Rosario, plus précisément dans l’enclave connue sous le nom de Tefía de Arriba. Ce temple est l’un des exemples les plus anciens et les plus représentatifs de l’architecture religieuse rurale de la commune.
Le XVIIIe siècle est une période de relative prospérité économique pour Fuerteventura, qui s’accompagne d’une augmentation de la population et de l’apparition de nouveaux hameaux à l’intérieur de l’île. Dans ce contexte, les communautés ont commencé à réclamer leurs propres lieux de culte afin de respecter les préceptes religieux, et Tefía a été l’une des premières villes à promouvoir la construction de son ermitage.
En 1713, une licence a été demandée au chapitre de la cathédrale pour commencer les travaux, qui ont été entièrement financés par les habitants de la région. Le 19 mars 1714, l’église fut bénite sous le patronage de San Agustín. La première construction était modeste, mais au fil du temps, grâce à la contribution du voisinage et aux revenus tirés de la vente des produits de la terre et du bétail liés à l’ermitage, l’édifice a subi plusieurs agrandissements et réformes qui lui ont donné sa configuration actuelle.
La partie la plus ancienne de l’ensemble correspond à la nef, couverte d’un toit à deux pentes en tuiles. Le presbytère, de hauteur différente, est recouvert de segments de pisé qui convergent au centre et se termine à l’extérieur par une flèche couronnée d’une petite croix en bois. La sacristie à deux étages est adossée au mur sud dans la zone du chœur.
La façade, d’influence mudéjar évidente, comporte une porte encadrée par un alfiz en pierre peint en blanc. Le clocher, situé en haut à gauche du pignon, est fait du même matériau. La barbacane, construite au XVIIIe siècle, possède trois entrées : deux portes à linteaux s’ouvrant sur les murs nord et sud, et une porte d’entrée en pierre apparente surmontée d’un arc en plein cintre, avec des voussoirs alternant la pierre claire et la pierre foncée.
À l’intérieur, le toit de la nef est en bois, avec un crénelage décoré de motifs géométriques et d’un cordon. Le presbytère est séparé de la nef par une marche et est couvert d’une coupole reposant sur des pendentifs, ce qui renforce son caractère hiérarchique au sein de l’église.
L’autel principal, situé dans le presbytère, abrite un retable monocorps en maçonnerie et peint en blanc. Il est organisé en nefs séparées par des colonnes à bases, fûts lisses et chapiteaux corinthiens, sur lesquelles repose un entablement brisé, surmonté d’un arc polylobé couronné d’une croix. Sur le mur de l’Évangile se trouve un second autel dédié aux Saints Anges du Purgatoire, qui abrite une peinture à l’huile sur toile divisée en trois plans : le Ciel dans la partie supérieure, le Purgatoire dans la partie inférieure et, au centre, la figure de l’archange Saint Michel.
La chaire, en bois, est divisée en huit cassettes décorées de symboles eucharistiques, tandis que l’image de saint Augustin, datant du XVIIIe siècle, est un chandelier dont les mains et le visage sont sculptés en bois et polychromes.
L’ermitage de San Agustín est aujourd’hui un témoignage précieux du développement historique, religieux et social du village de Tefía, et une étape essentielle pour comprendre l’évolution de l’habitat rural à l’intérieur de Fuerteventura.


